• Conseil municipal
  • Chronique du maire

La dette fait partie des outils à la disposition d’une ville afin de financer ses projets. Son usage n’a rien d’exceptionnel : la construction ou la réparation d’infrastructures municipales d’envergure – des rues, des conduits d’aqueduc, un nouvel édifice public – coûte toujours très cher. Même pour une ville en excellente santé financière, comme Mont-Royal, des travaux de cet ordre nécessitent habituellement un recours à l’emprunt. Par ailleurs, il est souhaitable que les générations futures, qui profiteront aussi de ces infrastructures à long terme, soient tenues d’en payer une part.

Le sujet de l’emprunt, donc de la dette, demeure néanmoins une préoccupation constante pour les élus et les citoyens. En ce moment, à l’aube d’un référendum au sujet d’un emprunt qui contribuera à la réalisation d’un nouveau centre sportif et communautaire pour Mont-Royal, des mythes sont propagés quant à la santé financière de la Ville. C’est dommage. C’est également assez ironique : année après année, nos résultats financiers s’avèrent formidables et chaque exercice budgétaire de Mont-Royal se conclut avec un excédent, dont une part importante sert à rembourser la dette.

Qu’en est-il de notre dette ? Elle est rigoureusement sous contrôle et peu élevée en regard de la richesse foncière de la Ville. La dette est passée de 23 227 579 $ en 2008 à 32 683 400 $ en 2019, fluctuant légèrement d’une année à l’autre. Mais notre ratio d’endettement, en comparaison, est en constante diminution. La dette de Mont-Royal représentait 0,55 % de notre richesse foncière uniformisée en 2008, alors qu’en 2019 ce ratio n’était plus que de 0,43 %; notre ville prend de la valeur plus rapidement qu’elle ne s’endette.

Il est vrai qu’avec le projet de centre sportif et communautaire, les prochaines années verront la dette augmenter, mais toujours de façon contrôlée. Une grande partie du nouveau centre sportif sera financé grâce à des surplus accumulés (21 M$) en ce sens.  La Ville a également obtenu une subvention de 3 M$ du gouvernement provincial et recevra une ristourne de taxes de plus de 4 M$ sur le coût total du projet. De fil en aiguille, la part à financer qui ne soit encore reliée à aucuns fonds ne représente plus que 20,3 M$, un montant tout à fait acceptable pour une installation spécialisée digne de ce nom. Il est d’autant plus acceptable qu’il s’agira du premier bâtiment municipal entièrement neuf à être construit depuis plus de cinquante ans!

Lors du référendum de février, le règlement d’emprunt sur lequel se prononceront les résidents affichera 27,8 M$, et non 20,3 M$. Ce montant de 27,8 M$ a été calculé en septembre 2019, au moment de la préparation obligatoire d’un règlement d’emprunt par la Ville, selon un protocole légal bien défini, alors que les excédents de l’année n’étaient pas encore connus. Mais ne vous laissez pas berner : dans leur contexte, les 27,8 M$ représentent une limite d’emprunt. Ils auront la valeur d’une marge de crédit, sans plus. Ultimement, la Ville entend n’emprunter que 20 M$ pour le nouveau centre sportif et communautaire.

Comme à l’habitude, les finances de Mont-Royal se portent excessivement bien et c’est justement grâce à notre gestion stratégique et rigoureuse des deniers publics que nous pouvons envisager d’investir dans de nouveaux projets porteurs, comme le complexe sportif et communautaire, dont la construction pourrait débuter dès cet été.

Philippe Roy

Maire

90, avenue Roosevelt

Mont-Royal H3R 1Z5