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Au début du mois de mai, j’ai eu le privilège de représenter la Ville de Mont-Royal aux Assises annuelles de l’Union des municipalités du Québec. C’est en présence de plusieurs centaines d’élus municipaux, provenant de tous les coins du Québec, que le monde municipal s’est doté d’un livre blanc, véritable plaidoyer en faveur d’une révision du fonctionnement et du rôle des élus municipaux du Québec.

La société québécoise est en mutation et le monde municipal en fournit un parfait exemple. Le rôle de l’élu municipal ne se limite plus uniquement à percevoir des taxes afin d’assurer le déneigement des rues, le ramassage des ordures et la réfection des égouts. Les municipalités du Québec ont hérité, aux cours des dernières décennies, de nombreuses responsabilités additionnelles, souvent sans obtenir les sources de financement nécessaires à leur exécution. Culture, transport collectif, lutte au réchauffement climatique, développement économique, tourisme, éducation : autant d’exemples qui illustrent l’évolution remarquable de la vocation des villes et du rôle des élus municipaux.

Le maire et les conseillers municipaux sont maintenant appelés à créer un lieu de vie. Le conseil ne dispense plus des services aux propriétés, il offre maintenant des services aux citoyens. On attend des élus qu’ils soient non seulement des gestionnaires efficaces mais aussi des urbanistes, des environnementalistes, des experts du développement économique et évidemment, des visionnaires. 

Ce livre blanc, adopté à l’unanimité, se veut un appel au gouvernement du Québec à revoir le rôle et les relations entre le gouvernement provincial et plus de 1 000 municipalités.

Il s’agit d’une démarche à laquelle la Ville de Mont-Royal se fait une fierté de participer.

La situation financière de la Ville de Mont-Royal

C’est avec grande satisfaction que j’ai annoncé, lors de la dernière séance publique du conseil municipal, le dépôt des états financiers de 2011 de la Ville de Mont-Royal. Ces états financiers démontrent, sans l’ombre d’un doute, que la situation financière de notre ville est excellente.

Le rapport financier annonce un excédent budgétaire de plus de 5 millions, attribuable notamment à des revenus plus important provenant des droits de mutation immobilière et d’intérêts perçus et de redevances reçues du gouvernement provincial pour l’élimination des matières résiduelles et la collecte sélective. Les dépenses de fonctionnement de la municipalité se sont également avérées moindres que prévues, notamment en ce qui a trait au déneigement, à l’approvisionnement en eau, aux intérêts payés sur la dette, à l’électricité, aux diverses collectes et aux services professionnels externes.

Les états financiers révèlent aussi que la dette à long terme représente 0,55 % de la richesse foncière uniformisée, soit le même pourcentage que l’année dernière. Comme toujours, il s’agit d’un niveau d’endettement pouvant être qualifié au bas mot de très prudent, l’un des plus bas ratios d’endettement des municipalités de la grande région de Montréal.

La situation n’a pas toujours été aussi rose. Il faut se rappeler qu’en 2006, nous faisions face à une tout autre perspective. À cette époque, la Ville de Mont-Royal devait 5 millions à Montréal à la suite de sa défusion et la Ville ne pouvait compter sur aucune réserve financière. Aujourd’hui, en plus d’avoir remboursé les sommes dues à Montréal, nous avons dégagé des surplus chaque année, ce qui nous a permis de doter la ville de réserves financières atteignant maintenant près de 15 millions de dollars.

Cette situation financière avantageuse et exemplaire nous permet non seulement d’assurer l’excellente qualité des services municipaux aux citoyens, elle nous permet également d’investir dans l’avenir de notre communauté, que ce soit au chapitre des infrastructures de base (rues, égouts, trottoirs, etc.) ou des équipements qui améliorent notre qualité de vie à tous (terrains de soccers synthétiques et agrandissement de la bibliothèque municipale, par exemple).

Chronique du centenaire - 3. L’achat des terres

En ce début d’année 1911, le projet d’un tunnel sous le mont Royal fait son chemin dans l’esprit des dirigeants de la Canadian Northern Railways. Mais outre les défis techniques, il faut aussi acquérir les terrains de l’autre côté de la montagne; l’idée d’y bâtir une ville pour financer les coûts du tunnel se présente vite comme une voie à envisager.

Pour éviter toute spéculation sur les terrains, les dirigeants de la compagnie ferroviaire réalisent qu’il faut agir avec discrétion et, surtout, rapidement. Le sort de la Ville de Mont-Royal se joue donc le matin du 30 avril 1911.

Ainsi, c’est à ce moment que Frederick Shaw et Thomas Stephen Darling, accompagnés de quatre notaires, quittent le centre-ville de Montréal et se dirigent vers le nord, 120 000 $ en poche.

Après leur ascension au sommet du mont Royal, leurs voitures redescendent doucement sur les routes de terre qui rattachent Côte-des-Neiges à Saint-Laurent.  Ferme après ferme, le petit groupe d’acheteurs met la main, d’un seul coup, sur toutes les propriétés visées et ce, sous l’œil ahuri des fermiers. À la fin de la journée, deux douzaines de propriétés sont maintenant sous contrôle de la Canadian Northern Railways. On peut parler, sans exagération, d’un coup de maître.

Dans les semaines qui suivent, l’achat de nouvelles terres se poursuit afin de sécuriser près de 600 hectares de terrain au total dont, notamment, l’espace requis au centre-ville de Montréal pour l’aménagement de la future gare centrale. Encore aujourd’hui, cette série de transactions immobilière est reconnue comme l’une des plus spectaculaires de l’histoire de Montréal, voire du Canada, à l’époque.

À ces 600 hectares s’ajouteront éventuellement les 140 hectares qui compléteront ce qui forme maintenant la Ville de Mont-Royal. Une anomalie, toutefois : les acheteurs ne réussiront jamais à acheter la ferme Goyer. Ce terrain, maintenant devenu le quartier Glenmount, sera donc éventuellement rattaché à la Ville de Montréal.