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Il fallait bien une pandémie pour que la Ville n’organise pas, cette année, une cérémonie en l’honneur du jour du Souvenir. Habituellement, chaque automne, le devoir de mémoire guide nos pas vers le parc de la Paix, devant l’hôtel de ville, et le cénotaphe en son cœur accueille les couronnes et autres marques de respect des participants réunis en hommage à l’Armistice.

Cette année, pandémie oblige, les réflexions autour de la guerre, ses leçons, ses victimes, ses héros, devront se dérouler en privé.

L’espace d’un instant, transportons-nous quand même – en pensée – au parc de la Paix.

Levons les yeux sur le cénotaphe. Il est érigé en hommage à nos soldats disparus au combat. Ce sont quarante-cinq Monterois tombés au champ d’honneur pendant la Seconde Guerre mondiale que le monument honore. Certains sont décédés, d’autres réputés disparus. Dans l’hôtel de ville, près de l’entrée principale, leurs noms sont gravés dans le bronze. Nous garderons vivante la mémoire de ceux que nous n’avons pas pu sauver.

On dit d’une guerre, à ses débuts, qu’elle est déclarée. À la fin, on en dit qu’elle est finie. Mais de la circonscrire ainsi dans le temps s’avère illusoire. La guerre demeure une tragédie  qui laisse des traces dans la vie des familles et leur communauté. C’est un grave impact dont les répercussions se feront toujours sentir au pays, bien après la date de fin officielle d’un conflit.

Aujourd’hui, en dépit des décennies qui se sont écoulées, nos pensées continuent d’aller à ceux dont les proches ont disparu sur les champs de bataille des deux grandes guerres, la Seconde comme la Première. Leur deuil est le nôtre : nous le portons collectivement sur nos épaules. Pour les soldats au front, pour toutes les atrocités dont ils ont été les témoins et le sont encore, je salue leur courage.

Car il faut se le dire : les guerres existent toujours. Elles ont changé leurs méthodes en embrassant de nouvelles technologies. En ce moment même, des Canadiens sont à l’étranger pour prêter main forte, comme les Canadiens savent si bien le faire, à de lointaines contrées ravagées par le conflit. Ce sont toujours les mêmes valeurs que nos militaires, hommes et femmes de courage, continuent de défendre. Ce sont les mêmes idéaux de paix et de liberté qu’ils tentent de cultiver à l’étranger. La guerre a changé mais nos nobles aspirations, elles, demeurent.

En 2020, à l’occasion du jour du Souvenir comme à tant d’autres occasions cette année, nous nous retrouvons éparpillés, séparés, isolés. Mais j’aime croire que nous sommes unis en pensée, ce 11 novembre, et au nom de la Ville de Mont-Royal et de ses résidents, je remercie encore une fois tous ceux et celles qui ont payé de leur vie notre présence sur les champs d’honneur.

En ce jour du Souvenir, cette année comme toutes les autres, nous nous souvenons bel et bien d’eux.

Philippe Roy

Maire

90, avenue Roosevelt

Mont-Royal H3R 1Z5