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Vous avez été nombreux, dernièrement, à remarquer l’apparition de croix orangées peintes sur un grand nombre d’arbres de rues ou à déplorer le nombre croissant de nos abattages. C’est un fait : bien qu’à contrecœur, la Ville se voit dans l’obligation d’augmenter la quantité des abattages sur le domaine public. D’ailleurs, s’il y a eu 180 arbres abattus en 2018, il y en aura près de 360 en 2019.

Cette situation problématique découle de ce que la grande majorité des arbres qui bordent nos rues ont été plantés dans les années 50 et 60. Une essence en particulier est largement surreprésentée : l’érable de Norvège. Malheureusement, cette essence, non indigène, s’adapte mal aux conditions de la vie urbaine. Avec une espérance de vie d’environ 60 à 70 ans, plusieurs de nos érables de Norvège atteignent aujourd’hui leur fin de vie simultanément, parfois dans un état fort discutable, et nécessitent d’être remplacés. 

Ce n’est jamais de gaieté de cœur que nous abattons un arbre, mais vous devinerez que nous entendons remplacer chacun d’entre eux presque systématiquement. C’est entre autres de sa forêt que Mont-Royal dérive son appellation de cité-jardin et nous voyons dans les coupes à venir, plutôt qu’un drame, une opportunité d’améliorer la résilience de ce couvert végétal qui nous sert si bien et depuis si longtemps.

L’érable de Norvège ne fait plus partie de nos choix pour une nouvelle plantaison. Depuis près de 20 ans,  nous préconisons une saine biodiversité en introduisant plusieurs essences différentes les unes des autres et qui résistent bien aux réalités d’un milieu urbain. Le long d’une rue, nous optons désormais pour le chêne rouge, le ginkgo, le tilleul, l’érable rouge ou le févier, notamment. Dans un parc, à bonne distance des sels de déglaçage et des sols compactés, la Ville portera plutôt son choix vers le marronnier, le hêtre, le noyer ou le caryer, par exemple, parmi un lot d’essences que nous favorisons.

L’histoire tend à se répéter, c’est bien connu, mais en matière d’arboriculture nous cherchons justement à l’en empêcher. Dans les années 1980, la maladie hollandaise de l’orme a carrément décimé cette essence chez nous. Plus récemment, ce sont les frênes qui souffraient d’un parasite bien à eux, l’agrile, contre lequel nous luttons toujours. De façon préventive, il est dorénavant de rigueur de varier les essences et d’user de stratégie dans leur répartition, sachant bien que les ravageurs et les maladies tendent à se concentrer tour à tour sur un type d’arbre en particulier.

Je tiens à vous assurer que la Ville prend le tout avec sérieux. Alors que nous en sommes à finaliser le budget de 2019, le poste de dépense lié à la forêt urbaine est revu à la hausse. Tout est mis en œuvre pour assurer la pérennité, à Mont-Royal, de cet atout distinctif entre tous.

Philippe Roy

Maire

90, avenue Roosevelt

Mont-Royal H3R 1Z5